Lettre de Ana

Bonjour,

Je suis tout à fait d’accord avec vous en ce qui concerne l’avortement. Cependant, moi, j’ai fait un avortement. C’a été la chose la plus difficile que j’ai faite dans ma vie et je veux vous expliquer comment ça s’est passé.

Mon ami et moi sommes tombés amoureux. Nous avons eu des relations sexuelles et je suis tombée enceinte. Maman a remarqué que quelque chose n’allait pas et m’a emmenée chez le médecin. Celui-ci m’a dit que j’étais enceinte de 6 semaines. En entendant ça, Maman m’a dit qu’il fallait que j’avorte et c’est elle qui a aussi fixé la date de l’avortement. A la clinique, j’ai parlé avec un conseiller qui m’a dit que mon bébé ne serait jamais adopté. Qui appeler ? A qui m’adresser ? Mon père et ma mère ne voulait rien savoir de ma grossesse. Ils m’ont interdit de revoir mon ami et ceux de la clinique m’ont dit que mon bébé ne serait jamais adopté vu son origine. Permettez-moi de vous demander : qu’est-ce que vous auriez fait à ma place ? Je n’avais nulle part où aller et je n’avais pas d’argent. Vous m’auriez pris dans votre maison ? Vous auriez payé les consultations chez le docteur et toutes les charges ?

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J’aimerais ne jamais avoir fait cet avortement. Je me rappelle quand je regardais le docteur alors qu’il avait terminé l’avortement et que je l’ai vu mettre le bébé dans un sac de plastique qu’il a jeté dans une poubelle. Pouvez-vous comprendre à quel point c’est douloureux ? N’avez-vous jamais perdu quelqu’un que vous aimiez du fond de vos entrailles ? Moi, j’ai vécu cette expérience et je ne suis pas fière de ce que j’ai fait.

Je sais qu’il existe des femmes qui s’en fichent de leurs enfants. Elles pourraient faire 5 avortements par an et peut-être plus, sans que ça ne leur pose problème. Mais moi, je ne m’en fichais pas de mon enfant. Si j’avais eu un endroit où aller, si j’avais connu des personnes qui m’auraient eu à cœur moi, et mon enfant, peut-être que cela ne serait jamais arrivé. Il aurait dû naître ce mois-ci…

Ca me fait autant mal chaque fois que j’entends parler d’avortement. Je suis profondément triste chaque fois… Ce que je veux vous dire, c’est que « ça fait beaucoup plus mal que ce que vous pouvez imaginer ».

Je vous remercie parce que vous lisez cette lettre. Pensez à ce que je vous ai dit. Vous luttez contre l’avortement, mais, vous êtes prêts, vous, à aider les femmes et adolescentes qui n’ont pas d’argent, et qui n’ont aucun lieu où aller ? S’il vous plait, pensez-y.

Merci,
Ana

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